LA CAUSE

1. Le continent africain est certainement plus que tout autre, le grand laissé-pour-compte par toutes les forces progressistes de la communauté internationale qui prétendent effacer à tout jamais de la face du monde la barbarie, la faim et la misère. Mais il a cependant été également pendant des siècles, un point de mire et un objet de convoitise et de spoliation de la part des gouvernements et des grands intérêts économiques du nord civilisé, notamment des européens. Les dernières grandes transformations politiques globales, qui ont fait des Etats Unis la grande puissance hégémonique mondiale, ont eu, elles aussi, une répercussion sur ce continent. Depuis quelques années, il semble de plus en plus évident que rien ne s’y fera plus sans la bénédiction du gouvernement des Etats-Unis et des grandes multinationales qui gravitent autour.

2. Cette nouvelle étape n’a cependant pas signifié l’arrivée d’un «printemps» africain dans le cadre d’un hypothétique nouvel ordre international mais plutôt celle d’une sorte de néocolonisation. L’essentiel aujourd’hui est, semble-t-il, non pas de résoudre les problèmes cruciaux de l’Afrique mais d’en exploiter au maximum les ressources dans les conditions les plus favorables aux grandes multinationales. Il y a quelques années, Ronald Brown, Secrétaire d’Etat au Commerce, proclamait sans la moindre pudeur et en employant une image africaine des plus expressives : «Des années durant, les Européens ont dominé le monde des affaires en Afrique alors que l’Amérique du Nord ne contrôlait que 17% de ce marché. Maintenant, nous sommes décidés à retourner la situation et à nous emparer de la part du lion.»

3. Ce n’est pas par hasard que ce programme a été annoncé en Ouganda. En effet, ce pays représente «la tête de pont» où le géant nord-américain a «débarqué» en Afrique. Malheureusement, ce débarquement n’avait pas, dans ses intentions, la même noblesse que celui de Normandie. Ce petit pays à la situation stratégique, est limitrophe de cet autre géant qu’est l’ancien Zaïre, véritable prodige de ressources naturelles en tout genre, situé au centre même de ce grand continent. D’abord, nous avons assisté à la chute du Rwanda, puis à celle de la démocratie au Burundi et enfin à celle du Zaïre lui même. Les importants contrats miniers déjà conclus commencent à produire les premiers bénéfices qui permettront d’augmenter ces pauvres 17% dont se plaignait M. Brown.

4. Les objectifs économiques sont donc évidents. Mais ce qui est vraiment pénible, c’est que les méthodes employées pour les atteindre ne diffèrent en rien de celles appliquées pendant des dizaines d’années en Amérique Latine. Les indices qui le prouvent sont vraiment trop nombreux. Il semble qu’il soit encore possible, en Afrique, de s’allier avec des dictateurs coupables de génocide plus féroces qu’un Pinochet, un Videla, etc. sans que les sociétés nord-américaine ni européenne n’arrivent à savoir ce qui s’y passe vraiment. Des alliances inconfessables ont dû être conclues avec des lobbies petits mais puissants au sein de l’ethnie tutsi déjà minoritaire. Ces lobbies sont constitués d’êtres sans scrupules qui savent que, pour conserver leur pouvoir dans la région, il est nécessaire d’éliminer tout dirigeant de l’ethnie hutu et de maintenir la population globale de cette ethnie majoritaire à un niveau «maniable». Il a fallu également mener des campagnes médiatiques considérables afin de cacher à l’opinion publique internationale, derrière le génocide en 1994 de plusieurs centaines de milliers de tutsis et de hutus modérés, un génocide beaucoup plus atroce encore, celui de plusieurs millions de hutus, et de justifier l’apartheid brutal auquel sont soumis les survivants de cette ethnie majoritaire.

Monseigneur Munzihirwa, évêque jésuite de Bukabu, trois jours avant d’être assassiné tout comme Monseigneur Romero, s’était écrié «Nous demandons aux lobbies tutsis qui dirigent le Rwanda et le Burundi de cesser d’organiser la désinformation afin de tromper l’opinion internationale». Son sacrifice n’aura certainement pas été inutile mais, jusqu’à présent, ces lobbies tutsis extrémistes ont réussi à faire passer pour des assassins les vraies victimes de cette tragédie, à savoir la grande majorité de la population du Rwanda et du Burundi. Il s’agit d’une minorité réduite qui arrive, une fois de plus et au moyen des méthodes les plus perverses, à réduire tout un peuple à l’esclavage, trompant pour ainsi dire le monde entier grâce au contrôle absolu de toute investigation indépendante sur les territoires qu’elle domine.

5. Ce projet tout entier de conquête des ressources et des marchés africains a été définitivement scellé en 1997 lors du sommet du G7 à Denver. Le Congressional Black Caucus, un groupe de représentants noirs au congrès nord-américain, a qualifié ce sommet de «deuxième Conférence de Berlin». A l’occasion de ce sommet, les gouvernements des grandes puissances, notamment ceux des Etats-Unis et de la France, sont convenus, semble-t-il, d’une politique commune, laissant leurs différends de côté.

6. L’Afrique ne peut plus attendre. Les événements tragiques qui se sont succédés et se succèdent dans la région des Grands Lacs, en particulier depuis 1990, date à laquelle le Rwanda fut envahi par le FPR depuis l’Ouganda, ne peuvent être interprétés uniquement ni essentiellement comme un problème d’origine ethnique, mais plutôt comme des conflits de pouvoir s’inscrivant dans le cadre de cette néocolonisation. Nous ne pouvons pas permettre que la destruction et la mort poursuivent leurs ravages. C’est pourquoi nous lançons un appel à toutes les institutions, toutes les organisations, toutes les personnes qui savent ou pressentent la vérité de tout ce que nous venons d’exposer pour qu’elles nous soutiennent dans notre tentative d’obtenir, pour cette cause, le prix Nobel de la Paix de l’an 2000. Les moyens consacrés à ce macroprojet de néocolonisation sont énormes et les blessures ouvertes dans cette région sont telles que faire surgir la vérité, la justice, la démocratie et la réconciliation relève aujourd’hui pratiquement du domaine de l’impossible. Seul un appui comme celui du prix Nobel nous permettrait peut-être d’entrevoir une étincelle d’espoir.

LE VISAGE

«Toute cause nécessite un visage», furent les paroles de Lewis Randa, fondateur et directeur de l’Abbaye de la Paix lorsque, le 2 février dernier, il remit à Juan Carrero Saralegui le prix «Le Courage de la Conscience». Il est le premier espagnol à avoir reçu ce prix décerné par cette organisation dont le siège se trouve à Sherborn (Massachusetts). Il avait précédemment été décernée, entre autres à: Ernesto Cardenal, la Mère Thérèse de Calcuta, le Dalaï Lama, Thich Nhat Hanh, Mgr. Desmond Tutu, Daniel Berrigan, Paul Winter Consort, Helen Caldicott, Brian Wilson, Rosa Parks, Ramsey Clark, Maya Angelou, Muhammad Ali, Rigoberta Menchu, Harry Wu, Mikhail Gorbachev, Patch Adams, Hugh Thomson, Sting, Jimmy Carter, Joan Baez et Greenpeace. Il a également été attribué, à titre posthume, à Anwar Sadat, Alva Myrdal, au Mahatma Gandhi, à John Ono Lennon, Oscar Romero, Dorothy Day, Robert Francis Kennedy et Martin Luther King. Ces distinctions posthumes ont été remises, à l’Abbaye de la Paix, aux personnes les plus proches possible des lauréats: au petit-fils de Ghandi, aux enfants de John Lennon et de Martin Luther King, etc.

Notre lauréat, durant son discours, s’est exclamé «J’ose vous supplier, au nom de la vérité et de tout ce qu’il y a de plus noble et sacré dans cette vie, au nom des ces ancêtres qui ont permis l’existence de cette grande et chère nation qui me reçoit aujourd’hui et me fait l’honneur de me décerner ce prix, au nom de tous ces héros que j’admire énormément pour avoir lutté tout au long de l’histoire de cette nation en faveur de la justice et la fraternité, dont certains ont reçu avant moi ce prix qui m’est aujourd’hui concédé, au nom de l’immense douleur de millions de nos frères africains, et finalement, au nom de ce Dieu que j’aime et que je sers de mon mieux, malgré mes limitations et mes misères, au nom de tous, je vous supplie de nous aider dans notre tentative audacieuse d’obtenir du gouvernement de cette nation qu’il modifie sa politique dans la région des Grands Lacs d’Afrique. Je vous supplie de nous aider à faire en sorte que votre gouvernement ne continue pas, pas un jour de plus, à prêter son appui à des alliés responsables de grands crimes contre l’humanité et même de génocide; je vous supplie de nous aider de façon à permettre que notre petite voix atteigne la grande masse de la société d’Amérique du Nord par l’intermédiaire des médias.

Plus vite nous entamerons le débat sur les implications et les responsabilités du ce gouvernement, plus vite nous pourrons faire cesser ce génocide qui semble ne pas avoir de fin. Nous sommes nombreux à désirer, aussi bien ici qu’en Europe, que le prestige moral qu’il reste à cette chère nation ne soit pas dilapidé. Les grandes causes de la paix et de la justice attendent beaucoup de cette grande puissance que représentent les Etats-Unis. Par contre, comme le disait très justement le Mahatma Gandhi, tout ce qui est fondé sur l’injustice et le mensonge, même les plus grands empires, est appelé à s’écrouler.

La situation provoquée dans cette région par les lobbies que dirigent Museveni, Kagame et Buyoya ou Bagaza est, tant du point de vue moral que politique, insoutenable. Avec des extrémistes capables de telles exclusions, cette région africaine ne connaîtra jamais une stabilité qui puisse permettre des relations commerciales telles que le souhaitent le gouvernement de l’Amérique du Nord, la Banque mondiale et quelques grandes sociétés. Pour parvenir à une stabilité juste et nécessaire, à laquelle ont droit plus que quiconque les malheureuses populations civiles de ces pays, il faut que commence dans cette région et sans plus tarder, un processus semblable à celui de l’Afrique du Sud. L’apartheid ethnique est encore plus cruel que l’apartheid racial et la communauté internationale ne doit pas le permettre. La grande majorité hutu de cette région ne peut être exclue. Espérons qu’entre tous, nous pourrons enfin trouver le chemin d’une paix juste et stable».

Peu nombreux sont ceux qui ont eu la capacité d’analyse politique suffisante et la rapidité de réflexes nécessaire pour prendre conscience de tout ce qu’il y avait derrière ces conflits que l’on essaie de faire passer pour de simples affrontements ethniques; et encore moins nombreux sont ceux qui, mus par une bonté miséricordieuse et le sens des réalités, ont été capables de trouver les actions adéquates pour arriver, grâce à leurs accusations lucides, jusqu’aux plus hautes instances politiques internationales, pour attirer l’attention des médias sur une Afrique trop éloignée de nous et pour obtenir des appuis au plus haut niveau international. Notre candidat, conscient en outre, non seulement de la nature politique de ces tragédies, mais aussi de l’hégémonie des Etats-Unis, a été capable de faire entendre sa voix au sein même de cette nation et de gagner l’appui de certains secteurs lucides et engagés de sa société.

Juan Carrero n’est pas toutefois un nouveau venu. Il a reçu le prix «Le Courage de la Conscience» non seulement pour ces dernières années de lutte en faveur de la paix et de la justice dans la région des Grands Lacs mais aussi pour s’être engagé pendant 25 ans en faveur de la non-violence. Il est né à Arjona (province de Jaén en Andalousie) le 18 février 1951. A 19 ans, après avoir réussi le baccalauréat puis fait des études de philosophie pendant 3 ans, il s’est retiré avec trois amis dans la propriété S’Olivar, à Estellencs, village blotti dans les montagnes de la Tramuntana à Majorque. Pendant quatre ans, il va se consacrer à la méditation et à la prière dans la solitude et aux études de théologie. En 1974, en pleine course aux armements de la fameuse guerre froide, il décide de se déclarer objecteur de conscience au service militaire obligatoire. Ce fut ainsi le troisième objecteur d’Espagne, à l’exception des Témoins de Jehova. Les deux premiers avaient été condamnés à 8 ans de prison par la dictature franquiste. Il fait à cette époque la connaissance de Susana Volosín à la Communauté non-violente de l’Arche, dans le sud de la France, et il l’épousera plus tard. Il fait également la connaissance de Lanza del Vasto, disciple européen de Gandhi, à qui celui-ci avait donné le nom de Santidhas, Serviteur de la Paix, lui donnant pour mission de divulguer la non-violence en Europe. Il décide de son plein gré de faire un service social de remplacement, non prévu par la loi, en travaillant pendant trois ans (le double du service militaire) avec les indigènes quechuas d’Argentine partageant leur vie et leur pauvreté. Il voulait ainsi dénoncer et s’opposer au service militaire obligatoire tout en réfutant les accusations de paresse et de manque de solidarité dont faisaient l’objet les premiers objecteurs.

Quand le triumvirat militaire argentin, formé par les généraux Videla, Massera et Agostí, a donné son coup d’Etat et lorsqu’ils ont commencé à perpétrer leurs tortures, crimes, enlèvements et disparitions, lui et sa femme travaillaient déjà sur les contreforts des Andes argentines, à la frontière du Chili et de la Bolivie, à près de 4000 m d’altitude; ils étaient instituteurs dans une petite école fréquentée par plus de 50 enfants quechuas. Il avait fui la justice militaire espagnole et avait l’idée de revenir en Espagne après ces années de service cautionnées par la Délégation des Missions du Diocèse de Majorque. De même que son grand ami argentin, Adolfo Pérez Esquivel, futur Prix Nobel de la Paix 1980, sa femme et lui-même sont des rescapés. Leur école se trouvait à quelques kilomètres seulement de Mina Aguilar, une mine énorme, d’où une entreprise américaine extrayait tous les jours des tonnes de minerais variés d’une grande valeur. Il y a quelques semaines, vingt-cinq ans plus tard, Madame Albright reconnaissait que le gouvernement nord-américain s’était trompé en donnant son appui aux dictatures de l’Amérique latine.

Pour Juan Carrero, l’histoire se répète cependant, 25 ans plus tard. Le désir d’être toujours du côté des laissés-pour-comptes et des plus défavorisés a conduit la Fondation S’Olivar, dont il est le président depuis sa constitution en 1992, à travailler durant ces cinq dernières années en faveur des populations civiles sans défense du Rwanda, du Burundi et de la R.D. du Congo. Il sait très bien ce qui se passe dans cette région. Au cours de ces dernières années, il a recueilli un trop grand nombre de témoignages sur des massacres terribles et d’autres actions d’une cruauté extrême. Lui et ses compagnons ont effectué près de 2 000 km de marche pour la paix. Ils sont arrivés à la limite de leurs forces lors d’un jeûne de 42 jours. Ils ont reçu le soutien de 19 prix Nobel (Adolfo Pérez Esquivel, Elie Wiesel, Joseph Rotblat, Oscar Arias, Mairead Corrigan Maguire, Rigoberta Menchu, Mgr Desmond Tutu, Mikhail Gorbatchev, H.H.Dalaï Lama, Int. Physicians for the Prevention of Nuclear War, Betty Williams, John Charles Polanyi, Rita Levi-Montalcini, Jean-Marie Lehn, Jean Dausset, Christian De Duve, Kenneth J. Arrow, François Jacob y Nadine Gordiner) et de la totalité pratiquement du Parlement Européen avec son président, l’espagnol José Maria Gil Robles, à la tête. Ils ont animé Madame Emma Bonino, commissaire européenne à l’aide humanitaire, à rencontrer en février 1997, au Zaïre, accompagnée des caméras de télévision, les réfugiés hutus rwandais que les satellites nord-américains à la technologie si sophistiquée ne voulaient pas voir et dont on niait donc l’existence. Rien qu’à Tingui Tingui, elle en trouva 300 000. En arrivant à Bruxelles, la commissaire a déclaré: «Je reviens de l’enfer». C’est certainement grâce à tout cela que des dizaines de milliers de réfugiés ont, sans doute, réussi à avoir la vie sauve. Mais les forces armées extrémistes tutsis en ont cruellement éliminé la grande majorité par les armes, la faim, les maladies et les blessures. Juan Carrero, dans son discours à l’Abbaye de la Paix, dénonçait clairement: «De même que ce que l’on a appelé génocide de 1994 ne peut pas être un alibi pour éliminer de façon sélective et massive l’ethnie hutu, les graves responsabilités historiques de certains gouvernements européens dans cette région n’excusent pas non plus celles du gouvernement des Etats Unis actuellement. C’est pourquoi je dénonce ici, aujourd’hui, ce gouvernement qui a instruit ces armées coupables de génocide, je dénonce la participation du gouvernement nord-américain à l’élaboration des projets d’invasion du Rwanda en 1990 et du Zaïre en 1996, je dénonce le soutien qu’il a apporté à l’exécution de ces invasions».

Cette lutte pour la fin du génocide et le rétablissement de la vérité et la justice dans la région des Grands Lacs, dans laquelle Juan Carrero est engagé en tant que président de la Fondation S’Olivar et conjointement avec d’autres organisations européennes et africaines (notamment avec l’organisation catalane Inshuti) constitue sa tâche principale. Mais ce n’est pas la seule. Le 0’7% du budget déjà alloué par de nombreuses institutions publiques de Majorque aux pays les moins favorisés, ne serait jamais devenu une réalité si sa Fondation avec d’autres ONG n’avait entrepris une campagne déterminée pour l’obtenir. En trois ans seulement, cette aide institutionnelle s’est vue multipliée par plus de dix. Depuis 1997, il a aussi participé à l’effort de pacification en Euskadi (Pays Basque) avec Adolfo Pérez Esquivel, médiateur entre ETA et le gouvernement socialiste de Felipe González pendant presque deux ans. Pour toutes ces raisons, notre candidat a reçu différents prix au cours de ces dernières années. Outre le prix «Le Courage de la Conscience», cité précédemment, il y a un autre prix qui mérite une mention spéciale qui est le “Mémorial pour la Paix et la Solidarité entre les peuples» décerné par la Fondation SERPAJ avec statut consultatif devant les Nations Unies et l’UNESCO en 1996.

Cependant, toute cette solidarité lucide ne vient pas du néant mais d’une expérience spirituelle profonde et authentique. Comme notre candidat a l’habitude de le dire: «Si nous ne sommes pas capables de ressentir dans notre propre chair la douleur des victimes, l’analyse politique indispensable sera faussée; elle apparaîtra débordante de théorie et dépourvue de réalité». Dans l’harmonie de cette montagne de S’Olivar, l’estime et le respect déférent envers tout ce qui existe devient palpable. C’est du silence et de la prière, œcuménique dans la mesure du possible, que naît cette expérience que Gandhi a su exprimer de façon absolument admirable: «Je me sens le frère de tous et pour être heureux, j’ai besoin de voir que le plus petit de mes semblables est heureux “. Quiconque se rend à S’Olivar, revient à la “civilisation” avec un courage et un espoir renouvelés. Juan Carrero essaie aussi, principalement par l’intermédiaire d’articles parus dans divers types de presse, de projeter cette expérience hors des étroites limites de S’Olivar, une expérience ineffable mais réelle, celle de la relation profonde et de l’interdépendance entre tous les êtres vivants. Sans cette expérience, comme a l’habitude de le dire le président de cette fondation culturelle, nos modèles culturels seront toujours réductionnistes.

Des «rêveurs» comme Gandhi et Luther King sourient certainement, heureux de contempler cette petite fondation non confessionnelle dont la devise est «Rêver et construire un monde plus fraternel dans un environnement plus vivable».

Signé au nom du Comité: Adolfo Pérez Esquivel (29/04/99)

LES ADHÉSIONS QUE LA CANDIDATURE A REÇU À 30.12.1999 SONT DÉJÀ PRESQUE 8000. DANS CET DOCUMENT NOUS ÉNUMÉRONS SEULEMENT QUELQUES-UNES PARMI LES PLUS REMARQUABLES EN FONCTION DE LA BRIÈVETÉ.

Cadre africain, 14 appuis parmi lesquels:

  • Regroupement pour le Retour des Réfugiés et de la Démocratie au Ruanda (RDR), la plus grande organisation d’exilés ruandais.

  • Communautés de l’Afrique des Grands lacs: Ruandaise d’Afrique de l’Ouest, Burundais du Canada, Ruandaise de la Côte-d’Ivoire, Ruandaise de Toulouse, Congrés Ruandais de Canada.

  • Organisation pour la Paix, la Justice et le Développement au Ruanda (OPJDR), EE.UU.

  • Union de Forces Démocratiques Ruandaises (UFDR), coalition constituée par les Forces de la Résistance pour la Démocratie (FRD), le groupe d´Initiative pour la Réconciliation (GID) et le regroupement pour le retour des Réfugiés et la Démocratie au Ruanda

Cadre des missionnaires des Grands Lacs africains, 32 appuis:

  • 7 Congrégations religieuses avec des missionnaires en Afrique des Grands lacs: Sœurs de la Charité de saint Vincent de Paul, Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs, Espagne), Missionnaires Javieranos (Espagne), Missionnaires Combonianos (Espagne), Religieuses du Sacré Cœur de Jésus (Espagne-Nord), Communauté des Frères de la Charité (Tanzanie), Missionnaires des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie

  • Purificación Risco, prix ‘Príncipe de Asturias a la Concordia’(Prince des Asturies de la Concorde) 1994 (en représentation des missionnaires du Ruanda et du Burundi)

  • 4 Délégations diocésaines de Missions: Evêché de Tortosa, Majorque, Barcelone, Logroño

  • 19 Missionnaires qui ont travaillé ou travaillent dans la région des Grands Lacs: Alberto Fernández Malanda (Missionnaire laïque au Burundi), Jaume Mas Julià (Missionnaire au Burundi entre 1976-1997), Jaume Moragues de Oleza (Missionnaire au Burundi entre 1951-1988), Miquel Parets i Serra (Missionnaire au Burundi entre 1961-1997), Jaime Cañellas Llompart (ex-missionnaire au Burundi), Cecili Buele (ex-missionnaire au Burundi) Mª Josefa Sáenz-Biez Tríaz (missionnaire en RD du Congo), María Fernández (missionnaire en RD du Congo depuis 1978), Cristina Mukoko (supérieure provinciale du Sacré-Coeur en RD du Congo), Mawete Anne (missionnaire en RD du Congo), Langa Bibiane (missionnaire en RD du Congo), Clementine Kaja (missionnaire en RD du Congo), Charlotte Musasa (missionnaire en RD du Congo), Mª Nuria Sánchez de Ocaña (missionnaire en RD du Congo), Carmen Thomás Sintes, Rosa Pujol Pons (missionnaire en RD du Congo, 1971-1983), Alejandro Romero González (missionnaire en Tanzanie depuis 1994), Rafael Álvarez Santana (ex-missionnaire en Tanzanie et au Ghana), Philippe de Vestele (missionnaire durant 30 ans au Rwanda), H.Docx (missionnaire durant 20 ans en RD du Congo)

  • Eduardo García Mandillo (Vicaire Général des Missionnaires Javerianos, Roma)

Cadre de la coopération, des droits de l´homme, de la paix et de l´humanitaire, 34 appuis, entre lesquels:

  • Vicens Ferrer, Prix ‘Principe de Asturias a la Concordia’(Prince des Asturies de la Concorde) 1997

  • Droits de l’Homme’, Majorque

  • Justice et Paix’, Présidence Espagne, Barcelone, Majorque, Manresa

  • Groupe Munzihirwa, Madrid, Collectif composé par plusieurs dizaines d´O.N.Gs

  • Umoya, les Comités Solidarité Afrique Noire

  • Amis de l´évêque Pere Casaldàliga « Araguaia », Barcelone

  • Intermón-Direction Générale, membre de Oxfam International

  • Pepe Beúnza Vázquez, premier objecteur de conscience de l’état espagnol

  • Anita Klum, Secrétaire Générale de la Fondation Suédoise pour les Droits de l´Homme

  • Association Josep Vidal i Llecha, Reus

  • Fédération d´Associations de Défense et de promotion des Droits de l´Homme (avec Statut consultatif Spécial devant ECOSOC de l´ONU), intégrée par: Association pour les Nations Unies en Espagne, Caritas (Œuvres Charitables) Espagnole, Institut des Droits de l´Homme de Catalogne, Institut d´Études Politiques pour l´Amérique Latine et l´Afrique(IEPALA), Justice et Paix, Ligue Espagnole en faveur des Droits de l´Homme, Mouvement pour la Paix, le Désarmement et la Liberté (MPDL), Paix et Coopération

  • Jon Sobrino, SJ, Directeur du Centre Monseigneur Romero/UCA, San Salvador

  • Juan José Romero, directeur du “Servicio Menonita de Mediación”, Bruselas

  • Inshuti, amis des peuples du Rwanda et du Burundi

  • Fondation “Sabino Arana”, Bilbao

  • ALSAEL, Roma

  • Fonds Majorquin de Solidarité et de Coopération, Majorque

  • Croix Rouge des Îles Baléares

  • Josep Ricard Oller, Coordinateur du Service Jésuite des Réfugiés- Espagne

  • Mª Carmen Tejera López, Coordinatrice du Centre de Solidarité avec les Peuples Appauvris, Lanzarote

  • Pax Christi Vlaanderen, Pax Christi Flandes

  • Jos Fannes, Président de Justice et Paix, Bruxelles

  • Elkarri, Mouvement Social pour le dialogue et l´accord.

Cadre politique et institutionnel, 105 appuis, entre lesquels:

  • Conseil Insulaire de Majorque’, le plus grand organe de gouvernement de l’île de Majorque

  • Parlement des îles Baléares, approuvé à l´unanimité

  • Parlement espagnol, approuvé à l´unanimité

  • Conseil Général de Jaén, approuvé à l´unanimité

  • Gouvernement des îles Baléares, le plus grand organe de gouvernement des îles Baléares

  • Sénat de la Province de Salta, Argentine, approuvé à l´unanimité

  • 2 Fédérations de mairies de Majorque: Tramuntana, Plà de Mallorca

  • 26 mairies des îles Baléares, 23 mairies et 12 maire d´ Andalousie

  • 5 Politiques des îles Baléares: Catalina Cirer (Déléguée du Gouvernement auprès de la Communauté Autonome des îles Baléares), Cecili Buele (Conseiller de la Culture du Conseil Insulaire et ancien missionnaire au Burundi), Pere Sampol i Mas (Vice-Président du Gouvernement des îles Baléares), Catalina Maria Bover i Nicolau (Directrice Générale de l’Aménagement et des Innovations Gouvernement des îles Baléares), Damià Pons i Pons (Conseiller de Culture et d´Éducation du Gouvernement des îles Baléares )

  • 9 Parlementaires européens: Pere Esteve, José María Mendiluce, Jaime Valdivieso, Fernando Fernández Martín, Laura González, Rosa Díez, Francisca Sauquillo, Theresa Zabell , Carlos Carnero González

  • Parlementaires et Sénateurs Nationaux: Teresa Riera Madurell, (Déléguée pour les îles Baléares au Parlement Espagnol), Rafael Estrella Pedrola (Porte-parole de la Commission d´Affaires Extérieures de la Chambre des Députés), Josep Valera Serra (Sénateur pour Lleida)

  • Autres: Fernando Álvarez de Miranda (Défenseur du Peuple, Espagne), José Chamizo de la Rubia (Défenseur du Peuple Andalou), Josep Maldonado i Gili (Délégué Territorial du Gouvernement de la ‘Generalitat’ de Catalogne à Tarragone), Ramón Polo Bernardo (Député Provincial–Jaén), Teófilo García Buendía (Sous-Délégué du Gouvernement à Jaén), Andrea Gómez Moral (Déléguée de Culture de la Délégation Provinciale de Jaén), Rafael de la Cruz Moreno (Délégué d´Agriculture de la Délégation Provinciale de Jaén), José María Mur Bermad (Président des Chambres Législatives d´Aragon), Alvaro Calvo (Délégué Territorial du Gouvernement d´Aragón à Huesca), Fernando García Vicente (Défenseur du Peuple-Justice d´Aragon), Carmen Cáceres Valdivieso (Députée des Chambres Législatives d´Aragon), Montserrat Costa Villamayor (Députée des Chambres Législatives d´Aragon), Joan Clos (Maire de Barcelona)

Cadre de la magistrature, 9 appuis:

  • Association de Juristes des îles Baléares (A.J.I.B.)

  • Ladislao Roig Bustos, Procureur Général adjoint auprès du Tribunal Supérieur de Justice des Baléares

  • Pere Barceló Obrador, Juge Doyen des Tribunaux de Palma de Majorque

  • Margarita Robles Fernández, Magistrat de la Cour d’Appel Nationale d’Espagne et ex-secrétaire d’Etat du Ministère de l’Intérieur

  • Baltasar Garzón Real, Juge d’instruction nº 5 de la Cour d’Appel Nationale, Madrid. Juge Instructeur, entre autres, de l’affaire Pinochet en Espagne

  • Carlos Gómez Martinez, Directeur de l’Ecole Nationale de la Magistrature d’Espagne

  • Jesús Alcalá, Professeur de droit international, Membre du Conseil de la Commission internationale des Juristes, Suède

  • Guillermo Vidal Andreu, Président du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (Espagne)

  • Juan Miguel Lomas Garrido, Avocat Général de la Cour d´Appel Provinciale de Málaga

Cadre ecclésiastique et spirituel, 56 appuis, entre lesquels:

  • Mgr Teodoro Úbeda, Evêque de Majorque

  • Pere Casaldàliga i Plà, Evêque de Sao Felix do Araguaia, MT, Brésil

  • Anders Arborelius, Évêque Catholique de Stockholm

  • Agustí Cortés Soriano, évêque d´Ibiza et de Formentor

  • 4 maîtres zen: Willigis Jäger, Berta Meneses, Fr. Niklaus Bratsche SJ, Carmen Monske

  • Jaime Cabot Bujosa, Prélat domestique de Sa Sainteté Jean Paul II

  • Sanctuaire de Lluc, le Principal de Majorque

  • Famille Franciscaine Internationale-une ONG dans l´ONU, Espagne

  • Enrique Miret Magdalena, Président de l´Association de Théologiens Juan XXIII, Madrid

  • Mª José Arana, présidente CONFER Vizcaya

  • Groupe Zen “Sambokyodan-Betania” Barcelona

  • 11 communautés religieusses ou laïques

  • Séminaire de Jaen

  • Juan José Tamayo Acosta, Secrétaire Général de l´Association de Théologiens, Madrid

  • Collectif de prêtes de la “Part Forana”, Mallorca

  • 13 paroisses de Majorque, 10 paroisses non Majorquines

  • Marta Jiménez Larrea, conseillère générale du Société du Sacré-Coeur de Jésus

  • Santiago Pérez Mendala, supérieur de la communauté SDS (Salvadorianos), Logroño

Cadre académique et intellectuel, 62 appuis:

  • 13 Recteurs et universités: Llorenç Huguet i Rotger (Université des îles Baléares), École Universitaire d´Éducation-Ávila (Université de Salamanque), Manuel Gallego Díaz (Recteur de l´Université Pontificale Comillas de Madrid), José María Martín Delgado (Recteur de l´Université Internationale d´Andalousie), Jaime Vinuesa Tejedor(Recteur de l´Université Cantabrique), Raúl Villar Lazaro (Université Autonome de Madrid), Josefa Beltrán Bertomeu (Association Université d´Été des Terres de l´ Èbre), José Gómez Soliño ( Université de la Laguna), Rafael Puyol Antolín (Université Complutense de Madrid), Jaume Pagès Fila (Université Polytechnique de Catalogne), Ignacio Berdugo Gómez de la Torre (Université de Salamanque), Jaime Montalvo Correa (Université Nationale à Distance), Conseil du Gouvernement (Université des îles Baléares)

  • 46 Professeurs universitaires entre lesquels: Dolores Aleixandre Parra (Université Comillas de Madrid), Jesús Vicens Vich (Université Autónoma de Barcelona), Juan Oliver Araujo (Université des îles Baléares, UIB), Soledad Guardia González (Université Complutense de Madrid), Gabriel Amengual Coll (UIB), Francisca Lladó (UIB), Josep Maria Terricabres (Université de Gérone), Ramon Bassa (UIB), Carles Sola i Ferrando (Université Autonome de Barcelone), Elvira Ródenas Ciller (Université Comillas de Madrid) , Manuel Lladonosa Call-llebrera (Université de Lleida), Adela Cortina Orts (Université de Valencia), Javier Sádaba (Université Autonome de Madrid), Miquel Tortella i Feliu (UIB) Joseph Mafokozi (Université Complutense de Madrid), Francisco Cuesta Rico (Université de Granada), Antonio Colomer Viadel (Université de Valencia), Diergo Sabiote (UIB)

  • José Luis Sampedro Sáez, Membre de la Royale Académie Espagnole, Professeur Agrégé (retraité) en Structure Économique (l´Université de Madrid), ex–Sénateur

  • Ramón Panikkar, professeur émérite (Université de Californie à Santa Barbara, Etats-Unis)

  • José Esteve Edo, professeur émérite (Université Politècnica de Valencia)

Cadre de l´action sociale et écologique, 24 appuis, entre lesquels:

  • Antoni Font Gelabert, un des six membres du Comité Directeur de Stichting Greenpeace Council (Greenpeace International, Hollande)

  • Caritas (Oeuvres Charitables) diocésaine de Majorque, Evêché de Majorque

  • Délégation diocésaine d’Action sociale, Evêché de Majorque

  • Xavier Pastor i Gràcia, Directeur Général de Greenpeace Espagne

  • G.O.B., Groupe Ornithologique des Baléares, Groupement écologiste

  • Bartomeu Català Barceló, Président National de l’Association ‘Projet Homme’, Secrétaire général de RIOD (Réseau Ibéro-américain d’ONG qui travaillent sur les toxicomanies), Membre du Comité Directeur de la Fédération Mondiale des Communautés thérapeutiques

  • Association Espagnole contre le Cancer, Assemblée provinciale des Baléares et Jaén

Cadre culturel, éducatif et de la société civile, 48 appuis, parmi lesquels:

  • Association de Taï Chi Taoïste d’Espagne

  • Michael Douglas, Acteur et Messager de la Paix des Nations-Unis

  • Fondation Pilar i Joan Miró, Fondation artistico-culturelle

  • Estudi General Lul.lia

  • Fédération Catalane d´Associations et de Clubs UNESCO

  • 10 Médias (moyens de communication sociale : presse écrite, radio, TV)

  • 16 Centres d´éducation

Cadre de la société civile, 41 appuis, parmi lesquels:

  • 5 Associations de Riverains de Palma

  • 8 Ordres Professionnels des Baléares: Docteurs et Licenciés ès Lettres et Philosophie et ès Sciences, Gérants d’immeubles, Diplômés en Sciences Sociales, Pharmaciens, Vétérinaires, Psychologues, Architectes, Assistantes sociales

  • 12 Syndicates et Fédérationes d´Entreprises

  • 5 Rotary Club

  • Confrérie de Vétéranes de les Forces Armées, Baleares

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